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West End

de José MORELLA, traduit de l’espagnol par Maira MUCHNIK.

Le narrateur enquête sur son grand-père, personnage autour duquel semble planer un lourd secret. De fait, atteint semble-t-il de maladie mentale (mais de laquelle, au juste ?), il a été interné à plusieurs reprises, à l’époque de Franco. Les traitements qu’il y a reçus n’ont permis que de l’abrutir. Parallèlement à cette enquête familiale intervient alors un autre niveau de lecture : l’histoire de la psychiatrie espagnole sous Franco. Une autre enquête en somme, passionnante, qui dénonce des abus (l’enfermement des femmes de Républicains, le commerce de leurs bébés volés etc.) et interroge donc profondément le sens et le rôle de l’institution psychiatrique, et par là-même le statut de ce qu’on appelle  » folie « .

Un autre personnage se dessine au fur et à mesure des pages: « l’île », où la famille du narrateur, s’est installée dans les années 1960. Et en particulier le quartier West End, quartier de la fête et de la débauche, des jeunes, des riches, des étrangers venus y perdre la tête. Autre histoire de folie?

Diverses strates, divers discours, diverses mémoires de l’histoire du pays, qui confèrent au roman une particulière richesse, accentuée encore par des registres de langues différents pour chaque  » lieu  » du récit. On est emporté, pris par la découverte de ces années sombres décrites de façon si vivante et émouvantes, sans pathos, mais avec une réelle empathie, par l’auteur.

Auteur reconnu dans son pays, Jose Morella, qui vit à Barcelone, est pour la première fois ici traduit en français.

Dictionnaire politique de l’Amérique latine 

Edition IHEAL. Sous la direction de Marie-Hélène SA VILAS BOAS, Hélène COMBES, Marie-Laure GEOFFRAY et Camille GOIRAND. Contributions de Kévin PARTHENAY et. al.

Que dit l’Amérique latine aux sciences sociales ? Ce dictionnaire présente, de manière synthétique, des notions et des concepts qui sont communément utilisés pour rendre compte du politique en Amérique latine. Ce faisant, il revisite des thématiques majeures des sciences humaines et sociales à l’aune de travaux peu connus en dehors des cercles latino-américanistes et pourtant fondamentaux pour la compréhension de certains débats actuels. Rédigées par une large palette d’autrices et d’auteurs qui ont en commun une fine connaissance de terrain, les notices montrent que les savoirs scientifiques produits dans et autour des « Suds » sont tout aussi généralistes que ceux produits dans et autour des pays du Nord ; et qu’ils revêtent une fécondité certaine pour penser le politique en général. Ce Dictionnaire politique de l’Amérique latine s’adresse aux étudiantes, aux enseignantes et chercheuses en sciences humaines et sociales et à tous les publics qui souhaitent saisir une large diversité d’approches dans une perspective comparative. Il est un outil qui nous aide à penser le politique et ses transformations les plus contemporaines, tant là-bas qu’ici ou ailleurs.

Aristocratie révolutionnaire en Espagne : la concession de nouveaux titres de Castille (1808-1854)

De Arnaud Pierre

Les historiens et le public en général ont longtemps vu dans le XIXe siècle espagnol une période de stagnation et de déclin. Ce n’est que depuis quelques décennies que les historiens, grâce à une meilleure connaissance de la période, mettent en avant la richesse et la fécondité de sa révolution libérale, et l’ampleur des changements qu’elle suscita.
Ce livre représente une contribution importante à cette redécouverte. En étudiant les 265 individus qui obtinrent la création d’un titre de noblesse en leur faveur entre 1808 et 1854, il présente une analyse détaillée à l’échelle nationale d’un groupe qui joua un rôle fondamental dans le long processus qui provoqua la fin de l’Ancien Régime et l’avènement de la société libérale et de la modernité politique.
Quel rôle les nouveaux aristocrates jouèrent-ils dans le processus révolutionnaire espagnol ? Furent-ils partisans de l’absolutisme ou du libéralisme ? Quelle place conservèrent-ils au sein de la société espagnole, quand la révolution libérale fit disparaître l’armature juridique et sociale de l’Ancien Régime, qui les plaçait au sommet de la société ? Que signifie être noble au XIXe siècle ?

Le livre, tiré d’une thèse de doctorat qui a obtenu le Prix jeunes chercheuses et jeunes chercheurs Jean-Philippe Luis 2022, s’attache à donner à ces questions des réponses claires et nuancées, fondées sur l’étude d’archives peu connues, et une perspective comparative internationale qui rappelle l’appartenance de l’Espagne au groupe des États-nations modernes en construction au XIXe siècle.

Géopolitique de l’Arctique

De Camille ESCUDÉ

Depuis une quarantaine d’années, l’Arctique a connu de grands bouleversements, à l’origine d’un certain nombre de fantasmes. Ces derniers sont géostratégiques tout d’abord, avec la remilitarisation des territoires arctiques ; économiques ensuite, du fait de la fonte accélérée des glaces qui entraîne de possibles opportunités économiques et commerciales. Enfin, ces fantasmes sont entretenus par des représentations populaires, littéraires, iconographiques mais aussi médiatiques de l’Arctique qu’ils contribuent à leur tour à renforcer.

Malgré sa dimension stratégique incontestable et son fort potentiel économique, l’Arctique est resté pendant longtemps une zone de relatives basses tensions. Pourtant, l’intrusion progressive de nouveaux acteurs extérieurs à la région dans les sphères économiques et politiques et le gel des instances de coopération arctique au printemps 2022 à la suite de la guerre entre la Russie et l’Ukraine ont freiné la dynamique de coopération arctique à l’oeuvre depuis la fin de la Guerre froide. Il semble désormais que les tremblements de la géopolitique mondiale, de l’Ukraine à Taïwan, débordent en Arctique et remettent en cause l’équilibre de la région.

Ruines politiques

Sous la direction de J. GREVY et A. BURKARDT

L’émotion romantique et la fièvre de la restauration ont fait négliger à quel point la ruine est bien plus qu’un vestige du passé en voie de disparition. La ruine est en réalité une construction symbolique qui s’impose dans le paysage au moment où elle est considérée, non plus comme un amas de pierres, mais comme un reste du passé dont il s’agit d’honorer les bâtisseurs, de rappeler les usages, de conserver ou de rétablir le souvenir d’événements mémorables.

Les ruines sont des objets dont la valeur ne se définit donc pas exclusivement à l’aide de critères esthétiques ou épistémologiques. Elles sont des lieux de mémoire dont la valorisation, qu’elle soit propre à certains groupes sociaux particuliers ou qu’elle concerne la société à part entière, est profondément négociée. Elles sont sujettes au changement historique. Aussi, c’est dans ces différents aspects que réside la nature politique des usages des ruines qui est objet de ce livre.

Sexpérience, éducation au genre et à la sexualité dans les lycées : le Conseil Régional des Jeunes de Bretagne récompensé

Enzo Pividori (lycée la Fontaine-des-Eaux à Dinan) et Romane Bilien (lycée de Cornouaille à Quimper), anciens élus au Conseil régional des jeunes de Bretagne, ont reçu ce lundi 30 septembre le prix ANACEJ 2024 dans la catégorie Citoyenneté pour leur jeu de société “Sexpérience”. lire la suite…

Retrouvez l’interview des lauréats dans l’article de Capucine GILBERT publiée dans Ouest-France le 12/10/2024. lire la suite…